En petits caractères

24 mai 2013

Il faut un début.

J'aime lire et j'aurais aimé écrire mais je ne sais pas écrire. 

J'aime lire du plus loin que je m'en souvienne. De mon premier vrai livre ( la tarte volante de Gianni Rodari ) à tout les clubs des cinq lus enfouie sous la couverture avec une tablette de chocolat. J'ai aimé certains personnages, j'en ai detestés d'autres mais tous se sont matérialisés sur la scène de mon esprit, petit plagiat d'idée à Pirandello mais l'image est parlante, les personnages des romans prennent vie, ils me racontent leurs histoires. Chacun a sa manière, ils deviennent des "quelq'un" pour moi. Ils sont tour à tour mes amis ou mes ennemis pour le temps que dure notre entretien.
Parfois les adieux sont déchirants, presque autant que de quitter un ami réel, ils me quittent, je me sens abandonnée, ils ne me raconteront pas la fin de leur histoire, car leur histoire ne s'arrête pas au mot fin. Au mot fin, ils me laissent pour un autre voyage.

Je ne lis pas, je dévore les livres. Un livre, je le regarde et je salive. Parfois je le croque à pleines dents connaissant si ce n'est déjà sa saveur au moins les ingrédients qui le compose. Parfois j'en prend une petite bouchée, pour goûter, juste pour voir. D'autres fois, il m'apparait comme une gourmandise interdite, le carré de chocolat tant attendu ou comme un met fin et travaillé, une explosion de saveurs et d'émotions distinctes mais qui se mèlent pour en former de nouvelles.


Je veux donc naturellement partager cet amour des livres mais je ne me prétend pas critique, mes références ne sont pas des plus instruites et ma plume malhabile tente seulement de transmettre un ressenti sur ces moments de lecture. Mais comme je l'ai dit je ne sais pas écrire, les mots se bousculent dans ma tête mais au moment de sortir et de s'aligner sur la page blanche, le maître môt devient chaos. Pourtant j'aurais aimé savoir écrire, savoir jouer avec les mots et transmettre à mon tour des émotions. Peut-être un jour les mots s'organiseront-ils et des personnages éliront domicile dans mon esprit afin que je les libère sur le papier. En attendant ce jour, je vais faire de mon mieux pour partager ma passion via ce blog.

Je comptais sur ce premier article pour me présenter, en un sens c'est fait. L'essentiel y est, le reste, lui, sera à découvrir entre les lignes des chroniques futures.

Bonne lecture.

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L' île des oubliés - Victoria Hislop

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Résumé : Une jeune femme en quête d'identité découvre l'incroyable histoire de sa famille : trois générations de femmes émouvantes et courageuses, au destin lié à Spinalonga, l'île des lépreux ...
Alexis ignore tout du passé de sa mère. De sa famille, elle ne connaît que l'existence d'une tante, Maria, aperçue sur une vieille photo sépia. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère situé en Crête. Alexis va alors faire une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, l'île où l'on envoyait les lépreux ... et où un membre de sa famille aurait péri ...
Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ?
Quelles épreuves ont vécues Maria et les siens ?
Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la bouleversante destinée de ses aieules et sur leurs sombres secrets ...

 

En attendant un train, je flanais dans la librairie lorsque la couverture de ce livre m'attira, il faut dire que les couvertures et moi, on est de grandes amies, elles sont, en général, ce qui fait que j'achète ou non le livre. De prime abord, je pense que l'envie de vacances et de voyages était présente et cet image d'île grecque y répondait. Ensuite en le retournant pour voir le quatrième de couverture et découvrir le résumé, je suis d'emblée attirée vers ce secret, cette histoire de famille, ce soupçon de mystère. Donc je l'achète et je m'installe sur un banc froid de la gare de Lille.

On entre dans l'histoire d'Alexis de façon évidente, l'écriture est simple sans d'emphases inutiles mais peut-etre parfois trop simple. Victoria Hislop nous entraine à la suite d'alexis dans une histoire de l'Histoire de la Crête mais aussi à la découverte des leproseries dans les années 40 - 50 en sus de la sa propre histoire familiale. Les personnages sont attachants, vrais. Une bonne dose d'humanité parfume cette saga familiale.Nous suivons tour à tour le destin tragique de trois générations. Le roman est solidement ancré dans la réalité, la réalité de son temps, celui des us et coutumes de la Crête, mais peut-être un peu moins dans la réalité d'une leproserie. Le portrait brossé de la vie sur Spinalonga, sans doute par excès d'angélisme ou de positivisme, prend des allures de conte de fée. Il est peut-etre un peu dommage qu'on perde rapidement dans la deuxième partie du roman la voix d'Alexis ou même de Fotini (qui lui conte le début de son histoire personnelle) pour un narrateur externe, mais le roman n'en perd pas sa douceur et on retrouve les deux femmes dans la dernière partie. Le message de tolérance est en filigrane mais il est bien présent. Bref, pour un premier roman, c'est un roman réussi.

 

 

"Tout le temps où Sophia avait tourné le dos aux gens et aux lieux qui l'avaient façonnée, elle n'avait jamais perçu avec autant d'acuité ses ancêtres. À travers les yeux de sa fille, elle les avait vus comme les personnages d'une pièce de théâtre. Elle découvrait l'héroïsme derrière l'humiliation, la passion derrière la perfidie, l'amour derrière la lèpre."

 

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Ne le dis pas à Maman - Toni Maguire

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Résumé : J'avais confiance en l'amour de ma mère. Elle lui dirait d'arrêter. Elle n'en fit rien. T. M.

L'histoire bouleversante d'une petite fille face à l'inceste et à la trahison... Stupéfiant. Daily Mirror

Cet ouvrage édifiant est le témoignage de l'extraordinaire courage de Toni Maguire. Closer Magazine

 

Ce livre, je l'ai ouvert et je n'ai pu le refermer qu'à la dernière page.

Je ne savais pas trop pourquoi je l'avais acheté, ni ce qui m'a attiré. Je n'en avais même pas entendu parler. Mais hier à 17h je l'ai ouvert.

Il s'agit du témoignage puissant d'une petite fille abusée par son père et trahie par sa mère depuis ses 6 ans, un âge ou l'innocence devrait être la norme mais ce ne le fut pas pour Antoinette. C'est Toni qui nous raconte cette histoire, Toni apparait au présent dans ce témoignage construit comme un roman, et laisse souvent sa place à Antoinette qui nous plonge dans le passé, comme si le passé était ancré en nous et nous hantait. Comme si, pour Toni, Antoinette était toujours là, une deuxième elle-même. L'histoire est poignante, émouvante, réaliste, dure et crue. Les mots crus sont choisis, pesés, pour être ceux d'Antoinette, cette petite fille et ensuite adolescente. On grandit à coté d'elle, on découvre en ouvrant des yeux ronds la cruauté humaine et les faces cachées de l'amour. L'amour maternel, familial, mais aussi le grand amou, celui qui nous berce parfois d'illusions. On a envie de crier, de hurler, de parler à la place d'Antoinette, de faire quelque chose pour elle. Mais une foule de questions surgissent également sur le poids des conventions, de la société. Serait-ce encore comme cela aujourd'hui ? On passe par une foule d'émotions lors de la lecture, on est en colère, annéanti parfois face aux poids que porte cette petite fille et l'on cherche la colère en elle justement. Et là, on est étoné que malgré la foce de caractère, on en trouve pas.
Arrivera-t-elle à pardonner ? C'est un témoignage poignant d'une personne aux ailes brisées.

 

 

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La terre du bout du monde - Tamara McKinley

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Résumé : Angleterre, 1770. Susan Penhalligan accepte un mariage de raison pour sauver sa mère et son frère Billy de la misère. Mais son coeur est pris par Jonathan Cadwallader, parti courir les mers à bord de l’Endeavour du capitaine Cook.

Quinze ans plus tard, Billy est déporté en Australie pour contrebande. De leur côté, Susan et son mari partent s’installer à Botany Bay, à quelques kilomètres du futur centre de Sydney, où l’Empire britannique a décidé de fonder une colonie. Ils y découvrent un continent fascinant ainsi que ses habitants, les aborigènes.

Mais Susan est loin de se douter de tout ce qu’elle va devoir surmonter avant de pouvoir faire sienne cette terre du bout du monde…

 

Là, c'est pas pareil, c'était ma lecture du week-end dernier, et c'était Tamara McKinley. Cette Auteure je l'adore, chacun de ses romans me fait voyager là-bas... En Australie. Elle nous offre toutes les facettes de ce magnifique pays à travers ses romans sans en cacher une seule même les plus sombres tout en les romançant à merveille.
Et ce roman-ci est sur la colonisation de l'Australie par l'Angleterre et elle ne tait pas les atrocités qui y ont été liées.

Le livre est découpé en épisodes dans lesquels on suit les personnages principaux tour à tour. Encore une fois les secrets  prennent une part importante dans chacune de ces destinées. Susan qui a du renoncer à son amour de jeunesse pour sauver sa famille, Billy et la condition des forçats, Les aventures de Jonathan à la découverte du monde et d'autres qui pourraient être des histoires isolées mais qui finalement s'imbriguent les unes dans les autres parfois maladroitement. Le personnage de Susan est attachant et plein d'humanité, l'on s'y retrouve facilement. On a envie de l'aider, de lui ouvrir les yeux par moment et/ou de la serrer dans nos bras.

Les sujets traités de la colonisation en passant par la condition des femmes et des aborigènes (avant et après la colonisation ne sont pas des sujets légers mais l'auteure les traite à merveille en ne les mettant pas au premier plan pour ne pas en faire un playdoyer mais bien en les traitant au quotidien.

Par contre on peut reprocher les qualités littéraires du roman mais celui-ci est agréable à lire.

 

 

 

 

 

 

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27 mai 2013

Touriste - Julien Blanc-Gras

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Résumé : Certains veulent faire de leur vie une œuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d'être futile. De s'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. J. B.-G.

 

Probablement parce que j'aurais moi-même voulu être une touriste à temps plein, ce livre m'a fait sourire. Il ne s'agit pas vraiment d'un roman mais plutôt de petites chroniques "touristiques" ( il est à noter que l'auteur étant journaliste, ses déplacements ne se font pas tous en lançant un caillou sur une carte. Certains sont professionnels)

Par ces chroniques, il nous enmène au tour du monde à la rencontre de l'indigène comme du touriste en vacances. Il dépeint les différents touristes et des infrastructures touristiques des 4 coins de la planète ( de la descente du Yang Tsé au visite des barrios les plus dangereux de la colombie). Ces récits sont truffés d'anectdotes et de bons mots. Les mots qui viennent en tête et qu'on aurait oubliés si on ne les avaient pas notés sur l'instant. ça tient autant de la chronique littéraire que du carnet de voyages. Les anecdotes sont piquantes parfois drôle mais toujours vraies. On nous entraîne au bout du monde (littéralement) sans nous faire quitter notre canapé. Que celui qui termine ce livre sans avoir envie de sortir son sac à dos de dessous du lit me jette la première mappemonde.

 

"Le paradis n'a pas d'adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir."

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02 juin 2013

Les Savants - Manu Joseph

 

Les savants

Résumé :
Aujourd’hui, en Inde, on ne dit plus « intouchable » mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n’est pas l’avis d’Ayyan. D’un côté, du sien, une pièce minuscule partagée avec sa jeune épouse et son fils dans une exécrable cité de la banlieue de Bombay, tandis qu’il exerce un emploi de secrétaire dans un institut de recherche de haut vol. De l’autre extrémité du spectre social, à l’Institut, les savants, les « brahmanes » et, avec eux, tous les nantis et leurs femmes inaccessibles, le regardent de haut. Alors, à l’époque où le petit peuple indien, conscient de sa supériorité numérique, acquiert un pouvoir politique de plus en plus important, Ayyan a une idée… Son fils, Adi, est brillant. Pourquoi ne pas donner discrètement un coup de pouce au destin, ne pas compenser les injustices de la naissance et du système des castes ? Fort de ce qu’il apprend à l’Institut en écoutant aux portes, Ayyan entretient le mythe d’un petit génie dalit… Qui, dans ces chassés-croisés, ces jeux de pouvoir, ces mensonges plus ou moins assumés, remportera la partie ?

 

J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre qui met du temps à démarrer. Plusieurs fois au cours de la première partie je me suis demandée où l'auteur voulait m'enmener. L'intrigue principale du livre n'apparait pas vraiment et l'on navigue dans un pays inconnu (enfin plus ou moins selon ) où se mèle tradition et modernité. Je me suis demandée si l'auteur nous décrivait une situation telle quelle uniquement pour mettre son intrigue en contexte, les différences de castes, l'emploi des langues , les femmes immolées sur les bûchers, ... ou si il s'agissait d'une critique de fond de cette même société. Mais une fois la deuxième partie entamée et le "jeu"  entre Ayyan et son fils Adi expliqué, j'ai compris vers où l'on voulait m'enmener.  J'ai compris que derrière l'envie de repousser les limites que la société impose à son fils, c'est tout le petit peuple indien à qui on donne l'opportunité de s'exprimer et de faire valoir ses droits en dépassant le coté figé des traditions indiennes.

Par contre les moyens mis en oeuvre peuvent être discutables et le jeu va peut-être trop loin en flirtant avec le chantage et l'espionnage qu'Ayyan fait à l'institut. Ma morale a été atteinte et je ne sais pas trop si j'adhère aux méthodes ou non. Toujours est-il que cela fonctionne ... La morale serait-elle donc qu'il faut tricher pour arriver à ses fins ?

Ce même tiraillement m'apparait lorsqu'il s'agit de la critique des différentes religions et de leur "pouvoir" traduisible en argent ou en savoir.  Est-ce une vraie critique du pouvoir de ces religions ou simplement une image de la réalité ?

 

Si je devais donner une côte à ce livre, j'aurais du mal à me décider. Oui j'ai aimé ce livre mais en même temps les informations détaillées si dessus me dérangent un peu. Mais je conseillerais la lecture de celui-ci à qui ne connait pas l'inde ... Il s'agit malgré tout d'un roman exotique sympatique à lire.

 

Car ce que tout homme voulait vraiment, c'était être plus important que son voisin

 

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17 juillet 2014

Moi et mes Livres

 

Je viens de passer environ 3 semaines à ne rien faire, à ne rien pouvoir faire allongée dans le canapé ou sur mon lit, et pourtant j'ai l'impression d'avoir voyagé. J'ai voyagé à travers le temps, les lieux et les personnages. Ces derniers ont passé une petite partie de leur vie sur la scène de mon esprit, une parenthèse qu'ils m'ont offerte. 

 

C'est très dur, une fois le livre refermé, de refermer la parenthèse et de les libérer, de les laisser reprendre leur vie. 

 

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